J’ignore si c’est le cri des goélands ou cette lumière si particulière qui rebondit sur la craie blanche, mais Étretat possède une magie unique. Partir là-bas avec un jeune enfant (2ans 1/2), c’est accepter de confronter notre besoin d’organisation à l’immensité sauvage de la Côte d’Albâtre. Pour ce week-end, monsieur avait fait le choix du confort : un gîte avec une place de stationnement, un détail dérisoire jusqu’à ce que l’on comprenne que la ville est un labyrinthe dans lequel la voiture n’est pas du tout la bienvenue.

le long de la promenade

Jour 1 : Arrivée à Étretat

Après 2h30 de voiture, et 3 vomis, nous avons rejoint notre gîte “Le Petit chalet” pour 2 nuits, situé à 15 min à pied de la plage. C’était le lieu parfait pour nous accueillir, sans parler du petit parc avec jeu d’enfant juste en face du portail !

Dès notre arrivée, le ton était donné. Nous avons laissé les valises pour courir vers la mer. Toucher l’eau, sentir le froid piquant de la Manche et écouter le roulement des galets sous nos pas. Pour mon fils, le spectacle était autant dans l’horizon et les goélands que dans les jeux de bord de mer. Un toboggan face à la mer, et deux autres jeux pour se dégourdir les jambes et s’amuser pendant que ses parents contemplent le soleil couchant.

Après avoir marché le long de la promenade, nous avons visé une crêperie recommandée par le gîte. C’est donc chez Lann Bihoué que nous avons dégusté de bonnes crêpes, dans un lieu familial et très accueillant avec les jeunes enfants. Un réhausseur pour le petit, un menu enfant avec une crêpe salée et une crêpe sucrée et on était bon pour la soirée !

Ensuite retour pour préparer les chambres, faire les lits et surtout une bonne nuit de sommeil avant d’attaquer la journée sportive du lendemain.

Vers l’Amont

Jour 2 : La conquête des sommets d’Amont en Aval

L’Amont et les Jardins d’Étretat

Le samedi a été une exploration en deux temps. Le matin, nous avons gravi la falaise d’Amont, en parcourant le chemin depuis la promenade. Le porte-bébé en dorsal pour la montée est devenu notre meilleur allié, permettant de prendre de la hauteur sans épuiser totalement le petit et en toute sécurité (ça reste des falaises), même s’il a grimpé sans souci les marches en dur. Il y avait une possibilité de prendre le petit train pour monter, mais ça me paraissait très cher payé pour 20minutes de marche tranquille.

Au sommet, nous avons admiré la chapelle de la Garde et la vue sur Étretat, puis rendu hommage à l’Oiseau Blanc, l’avion disparu en 1927 lors de la première tentative de traversée aérienne sans escale entre Paris et New York.

Nous avons prolongé l’expérience “Amont” par la visite des Jardins d’Étretat. L’entrée était à 10€ (basse saison) côté adulte et gratuite pour le petit. C’est un lieu que j’ai beaucoup apprécié pour son graphisme : les sculptures végétales qui se mêlent aux sculptures de visages, à la vue incroyable, et aux sons. C’est une déambulation presque méditative, et mon fils a adoré parcourir ce labyrinthe de verdure à pied.

Nous sommes ensuite redescendus vers le cœur de ville pour déjeuner, et c’est encore les recommandations du gîte que nous avons suivies avec le Bistretatais. J’ai choisi des moule-frites à la normande, et on a pris un poulet pané avec frites pour le petit car on n’était pas sûrs qu’il aime les moules, mais finalement il m’en a piqué quelques-unes ! Une petite glace en dessert pour conclure ce très bon déjeuner, dans un restaurant très accueillant pour les familles.

Le rythme s’est adapté aux besoins de chacun. La sieste de l’après-midi a été profitable pour tous, après la balade du matin on a tous profité d’un bon petit somme pour se remettre de nos émotions.

Falaises d’Aval

La falaise d’Aval

La seconde partie de journée nous a menés vers le côté sud, la falaise d’Aval. Pour éviter la foule et varier les plaisirs, nous avons contourné par les terres le long du golf, via la plaine de la Valaine (début de la randonnée au niveau du parking du Valaine). C’est un chemin plus calme, qui permet d’arriver sur les falaises d’Antifer et la Manneporte avec un regard neuf. Le géocaching a transformé la marche en une chasse au trésor, un outil merveilleux pour motiver les troupes et porter l’attention sur les petits détails de la nature. On a hâte qu’il grandisse pour nous aider à chercher dans les ronces.

Le porte-bébé dorsal a été notre assurance sérénité : face aux rafales et à la proximité du vide, laisser un enfant de deux ans gambader aurait été trop risqué.

La vue est superbe, le chemin, assez facile au début, se complexifie une fois côté falaises, je vous recommande d’éviter la zone s’il a plu avant. On a un peu glissé sur les cailloux, mais tout est resté maîtrisé. Pensez à prendre un bonnet pour protéger la tête car le vent souffle très fort sur les falaises.

Fin de journée et coucher de soleil

Une fois de retour sur la promenade, nous avons profité des jeux comme le premier soir et du soleil couchant. Un rapide petit tour sur Google Maps afin de voir les recommandations de restaurants et c’est donc chez “Le Homard Bleu” que s’est conclue la soirée.

Le restaurant refait actuellement sa façade, donc le charme extérieur n’est pas au rendez-vous, mais une fois dedans on profite de la vue directe sur la mer et le soleil couchant. Pour patienter en attendant les plats, on a pu regarder les homards bleus qui baignaient au milieu du restaurant, le serveur en a même sorti un pour que mon fils puisse le toucher.

Pour le dîner, on a choisi un menu enfant (ils proposent des crevettes!), un plateau de fruits de mer pour moi et monsieur un risotto (mais qui n’était pas terrible apparemment). Et vous savez quoi, il y a quelque chose de profondément satisfaisant à déguster un plateau de fruits de mer en regardant le soleil sombrer dans la mer. Une fois le dessert glacé englouti, nous avons filé une dernière fois vers notre gîte.

Soleil couchant

Jour 3 : Retour sur Paris en passant par Biotropica

Le dimanche, pour couper la route du retour vers Paris, nous avons fait une halte à Biotropica. Le parc animalier est situé dans la grande base de loisirs de Léry-Poses en Normandie. Un lieu parfait pour les fans de sports nautiques, de golf et de nature.

Passer de la fraîcheur iodée des falaises à la moiteur d’une serre tropicale de 5000 m² est une expérience sensorielle déroutante mais salvatrice pour prolonger le week-end. Nous avons pu observer les chauves-souris géantes de Livingstone, une espèce rare dont trois petits sont nés au printemps dernier. Mais le parc ne se résume pas à sa serre. À l’extérieur, nous avons profité de la ferme pédagogique en caressant les chèvres et aussi croisé des kangourous, des mangoustes, des surricates…

Côté logistique, j’ai été agréablement surprise par le restaurant du parc. Loin des standards industriels souvent associés aux parcs, on y découvre une carte courte, saisonnière et locale. Un luxe pour clore le séjour sans le stress du pique-nique.

Une fois l’enfant suffisamment épuisé, nous avons pu reprendre et terminer notre route tranquillement pour clôturer ce week-end en famille.

Gavial du Gange dans la serre

Étretat, au printemps

Ce week-end m’a rappelé que voyager en famille demande de la souplesse et une acceptation du rythme de l’autre. C’est un plaisir de pouvoir profiter autant avec notre fils et de lui apprendre à vivre ces moments pleinement. Entre le gîte protecteur, l’immensité des falaises et la jungle normande de Biotropica, nous avons bien profité des premiers jours du printemps.

La récompense, ce ne sont pas seulement les photos, ce sont ces souvenirs gravés dans le sel, le vent et la fraicheur de la côte.

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