Me plonger dans le nouveau tome des Sortilèges de Zora, c’était mon petit plaisir de la semaine. Si vous me suivez ici, vous savez à quel point j’aime les histoires qui parlent vrai aux enfants. Avec ce tome 6, Les deux passages, on sent qu’on approche de la fin de la série (prévue en 7 volumes) et franchement, l’attente en valait la peine.
Ce que j’aime par-dessus tout avec Zora, c’est cette double vie qui résonne tellement avec le quotidien des pré-ados. D’un côté, le cocon magique sur les toits de Paris avec sa grand-mère Babouchka. De l’autre, la réalité brute, parfois piquante, du collège. Un décalage qui me touche beaucoup et qui parle magnifiquement de ce sentiment qu’ont souvent nos enfants : celui de ne pas tout à fait entrer dans les cases (hihihi, c’est une BD).

Quand la différence devient une force partagée
Dans cet opus, l’histoire prend un tournant crucial. Par maladresse, Zora cracke et montre ses pouvoirs à Minh, sa meilleure amie. Pour n’importe quel enfant qui cultive sa petite différence (qu’elle soit liée à une neuroatypie ou juste à une grande sensibilité), ce moment où l’on baisse le masque devant un copain est une montagne de stress.
La scénariste Judith Peignen vise tellement juste ici. Minh, qui a elle-même un parcours lié à l’acceptation de ses origines vietnamiennes, ne prend pas la fuite. Au contraire, ce secret partagé scelle une alliance incroyable. Les deux filles se lancent dans une enquête palpitante au cœur de la plus vieille maison de Paris, sur les traces de l’alchimiste Nicolas Flamel, pour contrer le grand méchant Oldaric.
Le message pour nos jeunes est limpide, sans être donneur de leçon : la magie ne fait pas tout. Face aux difficultés de la vie, le plus grand des super-pouvoirs, c’est de pouvoir compter sur un ami sincère.

Un dessin d’une grande douceur, malgré le rythme de production
Côté graphisme, le travail d’Ariane Delrieu est toujours un régal pour les yeux. Les couleurs sont chaudes, réconfortantes, et l’univers du manoir caché est un vrai havre de paix visuel. On s’y sent bien, tout simplement. L’expressivité des personnages est top, on capte leurs doutes et leurs éclats de rire en un clin d’œil.
Après, en chipotant un peu, on sent que les délais de l’édition jeunesse sont parfois serrés. Sur certaines planches, les décors s’effacent et les arrière-plans sont très simplifiés, presque comme un premier jet. C’est un peu dommage pour les amoureux des détails parisiens, mais heureusement, cela n’enlève rien au dynamisme de la lecture ni à l’émotion qui se dégage des scènes entre les deux amies.

Le verdict : on achète ou on attend ?
On fonce, surtout si vos enfants suivent déjà la saga. Ce tome 6 des Sortilèges de Zora fait parfaitement grimper la tension avant le grand final, tout en gardant cette tendresse et cette fraîcheur qui caractérisent la série depuis le début.
En refermant la BD (et son traditionnel petit grimoire de bonus à la fin), on réalise à quel point cette histoire fait du bien. Elle parle de transmission entre générations, de tolérance et de résilience. Une vraie perle à glisser entre toutes les mains à la maison.
Et si la série continue à suivre son rythme, le dernier tome de la BD devrait sortir en mai 2027 chez Glénat !