On ne va pas se mentir, entre les infos en continu et les discussions à table, nos enfants sont de véritables éponges à angoisses. Si vous avez déjà vu votre petit dernier s’inquiéter pour les ours polaires ou les incendies à l’autre bout du monde au point d’en avoir mal au ventre, l’histoire de Youna va vous parler. C’est ma découverte jeunesse de la semaine, et elle fait un bien fou.

Youna : Quand l’éco-anxiété s’invite dans la cour de récré
de Véronique Grisseaux, Orianne Lallemand et Christine Davenier chez Vents d’Ouest
Youna est une petite fille solaire, mais depuis quelque temps, rien ne va plus. Des maux de ventre inexpliqués la clouent au lit et les médecins sèchent. Youna est submergée par le monde. Entre les réseaux sociaux de sa grande sœur qui annoncent la fin des kangourous et les nouvelles climatiques alarmantes, elle étouffe.
Pour briser ce cercle vicieux, ses parents prennent une décision radicale : direction la montagne, dans un chalet isolé, loin des écrans et du vacarme urbain. C’est le début d’un retour à l’essentiel, une déconnexion pour mieux se reconnecter.
Un trait de crayon qui respire
Ce qui frappe immédiatement, ce sont les aquarelles de Christine Davenier. Ses personnages me rappellent ceux des illustrations de Roald Dahl par Quentin Blake. Les personnages ne sont pas enfermés dans des cases rigides ; ils respirent, ils occupent l’espace. Cette légèreté visuelle est le contrepoint parfait à la lourdeur du sujet traité. C’est beau, c’est doux, et ça donne envie de s’immerger dans ces paysages montagnards avec l’héroïne.

L’éco-anxiété chez les plus jeunes est un sujet complexe. Comment les informer sans les traumatiser ? Comment valider leurs émotions sans les laisser sombrer dans le fatalisme ?
La BD réussit ce pari grâce à :
- L’empathie : Le récit met des mots sur ces maux de ventre que beaucoup d’enfants ressentent sans savoir les expliquer.
- Le merveilleux : En discutant avec les animaux de la forêt (renard, ours, écureuil), Youna sort de la théorie pour revenir au vivant, au concret.
- L’action par l’observation : Le livre montre que la nature n’est pas qu’une victime à sauver, mais aussi une force qui soigne.

L’avis de maman
En tant que parents, on se sent souvent démunis face à cette génération qui porte le poids du monde sur ses frêles épaules. Ce que j’ai adoré dans Youna : Retour à la nature, c’est qu’il ne s’agit pas d’un manuel d’écologie moralisateur. C’est une fable initiatique sur la santé mentale et le droit à l’insouciance.
L’album nous rappelle l’importance de préserver des “bulles” de calme pour nos enfants, de valoriser le contact direct avec la terre, l’arbre, l’animal, plutôt que la consommation anxieuse d’images virtuelles.
À qui recommander cette BD ? À mettre entre toutes les mains dès 7-8 ans, surtout si vous sentez votre enfant sensible aux questions environnementales. C’est aussi un excellent support de discussion pour rassurer, apaiser et transformer l’angoisse en un regain de curiosité pour le monde qui nous entoure.